Le monde financier fait face à un défi majeur, comme l’expliquait précédemment Wim De Waele sur note blog. Des hordes de jeunes entrepreneurs trépignent à l’idée d’exploiter les nouvelles technologies pour affronter les valeurs établies du secteur. À l’occasion du StartUp Weekend qui se tient cette semaine à Bruxelles, ils exposent leurs idées et leurs projets. Jean Zurstrassen (ex-Keytrade Banque et ex-Tunz.com) donne son analyse.

Le StartUp Weekend est une initiative internationale mise sur pied dans de très nombreuses villes et qui fait à nouveau étape cette semaine à Bruxelles. Le concept est trivial : durant un week-end complet, de jeunes entrepreneurs, développeurs, concepteurs et marketeurs se retrouvent pour échanger leurs idées et constituer des équipes autour d’un secteur spécifique. Un jury récompense ensuite les meilleures propositions et les plus pertinentes. Souvent, ces week-ends sont aussi l’occasion de poser les fondements de véritables entreprises. Par ailleurs, il s’agit d’une occasion rêvée de rencontrer des investisseurs et des hommes d’affaires susceptibles d’encadrer ces jeunes loups.

Le thème choisi pour ce week-end à Bruxelles est la fintech ou la ‘financial technology’, un choix pas vraiment dû au hasard, estime Jean Zurstrassen, membre du jury. Notre homme connaît particulièrement bien le secteur pour avoir notamment été l’un des fondateurs de Keytrade Banque et de Tunz.com. Désormais, il se consacre surtout à investir dans des entreprises et à encadrer de jeunes entrepreneurs.

Historiquement, la Belgique a toujours été très impliquée dans la technologie financière”, précise-t-il. “Songeons par exemple aux paiements électroniques ou au traitement des opérations de paiement. Dès lors, il existe chez nous de nombreuses connaissances et compétences dans ce domaine. Ces derniers temps, les choses bougent à nouveau beaucoup et le temps est venu de franchir de nouvelles étapes.

Fini le cash

Dans le domaine financier, il existe encore beaucoup d’opportunités en termes d’innovation, et certainement de paiements où une nouvelle ère s’ouvre“, estime encore Zurstrassen. “Il reste encore énormément à faire, c’est certain. Les paiements devraient encore pouvoir être grandement simplifiés: la manière dont les cartes de banque sont utilisées, le recours aux tokens, le mode de traitement des paiements, etc. Tout cela n’a guère changé en vingt ans. Et je ne parle pas encore ici de cash. A mon avis, l’argent liquide sera bientôt totalement remplacé par des paiements par smartphone.” “Le smartphone est en effet l’un des principaux moteurs des ‘ruptures’ qui s’annoncent dans le monde financier”, confirme Zurstrassen. “Le moment est venu : la plupart des gens disposent à présent d’un smartphone et veulent l’utiliser pour effectuer des paiements. Et même pas seulement pour de petits montants, mais aussi pour des factures plus importantes. De très nombreux acteurs l’ont déjà compris. Ainsi, l’Apple Pay est annoncé et PayPal prépare une offre. Reste que nous ne devons pas nous laisser couper l’herbe sous le pied par les Américains. Nous devons désormais veiller à ce que l’Europe soit en phase avec l’évolution et développe de tels systèmes, à l’européenne.

Plus efficace, plus rapide, plus simple

Les innovations majeures dans ce domaine viendront sans doute de jeunes start-ups, estime toujours Zurstrassen, car les grandes banques ne sont toujours pas suffisamment innovantes et dynamiques. “Il ne s’agit pas uniquement de banques, vous savez! Prenez le secteur des assurances : quel est le citoyen lambda qui sait le numéro de sa police d’assurance par cœur? Pourtant, impossible de contacter sa compagnie sans connaître ce numéro. Tout devrait pouvoir être plus efficace, plus rapide et plus simple.” La plate-forme d’Edebex, que Zurstrassen connaît parfaitement, trouve toutefois grâce à ses yeux. “Edebex est en effet une manière de simplifier largement certaines opérations très spécifiques, en l’occurrence les factures. Il s’agit d’un système ingénieux qui a vu le jour parce que les banques ne font pas totalement leur travail, et qui plaît en outre aux deux parties, l’acheteur et le vendeur. Que demander de plus?