Obtenir un crédit bancaire pour votre entreprise se révèle souvent source de stress. Et pour cause, votre banquier va passer au crible votre situation financière afin de s’assurer que vous serez en mesure de le rembourser. Que va-t-il examiner?

Avant de vous octroyer un crédit bancaire, votre banquier commencera par faire le tour du propriétaire de votre entreprise: sa forme juridique, le nombre d’associés, le cœur de l’activité ainsi que le secteur. Et soyons honnête: certains secteurs ne trouvent pas grâce aux yeux des banques, en particulier ceux qui connaissent des taux de faillites importants. Vous avez vous-même une faillite au compteur? «Inutile de le cacher, le banquier finira par le savoir», affirme Isabelle Montaigne, professeur de finance à l’École supérieure des affaires de Namur. «Comme pour un entretien d’embauche, il est crucial de montrer que vous avez tiré des enseignements de vos erreurs.»

Votre entreprise peut-elle vous survivre?

«Que devient l’entreprise si vous n’êtes plus là?», interroge Isabelle Montaigne. Vous n’envisagez peut-être pas le pire, mais votre banquier le fera pour vous. «Il va évaluer la dépendance de la société vis-à-vis de vous ou de votre savoir-faire. La banque pourra alors proposer une assurance décès. Mais vous pourriez également réfléchir à un plan de transmission vers vos enfants ou à l’entrée d’un associé.» Dans le même ordre d’idées, votre banquier va jeter un œil à vos clients et fournisseurs, en examinant leur nombre et leur poids respectif. Là aussi, si vous dépendez d’un seul client, la banque pourrait estimer que le risque est trop élevé…

Avez-vous de bons résultats?

C’est ensuite au tour des bénéfices ou des pertes générés par votre entreprise au cours du dernier exercice. Votre banquier s’attardera aussi sur l’évolution du résultat par rapport aux exercices précédents. Souvenez-vous que des chiffres faibles ne sont pas forcément un handicap. Le tout est de pouvoir les justifier. Une baisse du chiffre d’affaires ? Vous vous êtes peut-être débarrassé d’un client mauvais payeur. À l’inverse, une hausse incontrôlée de votre chiffre d’affaires peut conduire à des problèmes de trésorerie. «Dans tous les cas, il est impératif de documenter vos comptes et de bien communiquer avec votre banquier

Quel est votre besoin en fonds de roulement?

Véritable nerf de la guerre pour les PME, le besoin en fonds de roulement est un indicateur précieux de la santé financière de votre entreprise. En effet, il mesure le montant des liquidités nécessaires pour faire tourner votre activité. Autrement dit, l’argent dont vous avez besoin pour payer vos fournisseurs, les salaires de vos travailleurs ou encore pour approvisionner votre stock. Votre banquier va donc analyser en détail la façon dont vous générez les moyens nécessaires. «Gardez à l’esprit que l’idéal est de ne pas financer cet élément à long terme de votre bilan par un crédit de caisse à court terme. Mais, en pratique, beaucoup d’entrepreneurs n’ont pas d’autre option…»

Vos clients sont-ils bons payeurs?

Pour aller plus loin dans l’analyse, votre banquier se penchera aussi sur les délais de paiement de vos clients. Son objectif est de savoir si certaines de vos créances présentent un risque de non-paiement. Comment? En mesurant le délai moyen entre l’émission de vos factures et leur encaissement. Exprimé en nombre de jours, cet indicateur peut vous jouer un mauvais tour s’il est trop élevé. Si c’est le cas, préparez-vous à l’expliquer!

Que reste-t-il sur votre compte bancaire?

Les liquidités représentent la totalité de l’argent dont vous pouvez disposer immédiatement. Une notion qui donnera à votre banquier une idée de la solvabilité et du niveau de votre trésorerie de votre entreprise. Nul doute qu’il sera rassuré de constater que vous disposez de suffisamment de liquidités sur votre compte bancaire. Rappelons que la plus importante source future de liquidités de votre société reste vos créances commerciales, échues ou non échues. Veillez donc à booster votre trésorerie…

Quelle est votre capacité d’emprunt?

La banque s’attardera également sur votre capacité d’autofinancement, à savoir votre aptitude à dégager des ressources. Cette notion sera fondamentale pour calculer votre faculté à rembourser vos crédit bancaire. «Concrètement, votre banquier vérifiera que le bénéfice net plus les amortissements, sur une période donnée, sont suffisants pour couvrir l’ensemble des remboursements (principal plus intérêts) auxquels vous faites face

Et ce n’est pas tout…

Entre autres choses, votre banquier contrôlera enfin votre propre investissement financier dans la société. Autrement dit, plus vous injectez vous-même de l’argent, en capital ou sous forme d’avances, plus le signal donné à votre banque sera positif.

Préparez-vous!

Passez en revue votre situation financière avec votre comptable. Plus votre dossier sera complet, plus vous semblerez maître du sujet et plus vous pourrez argumenter en faveur de l’octroi de ce crédit bancaire. Une fois face à votre banquier, jouez cartes sur table. «Octroyer un crédit, c’est accorder sa confiance», souligne Isabelle Montaigne. De plus, si le scénario s’avère négatif, n’hésitez pas à réfléchir avec lui au diagnostic de votre dossier et aux pistes éventuelles pour le faire évoluer.

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