Les chantiers sont à l’arrêt, les commerces sont fermés et les sociétés de transport tournent au ralenti, mais ce sont toutes les entreprises qui souffrent… Dans cette situation, même si vous subissez en partie les évènements, vous devez réagir pour contrôler ce qui peut l’être. Comment aborder au mieux cette période?

Lorsque la crise frappe, c’est votre trésorerie qui encaisse les coups. L’activité est en berne, voire à l’arrêt, les difficultés logistiques se multiplient, des commandes passent à la trappe, les clients tardent à payer, etc. Mais tout n’est pas perdu! D’abord, au-delà des questions sanitaires, activez les mécanismes d’urgence mis en œuvre par le gouvernement fédéral: délais de paiement supplémentaires pour vos échéances sociales, droit passerelle, etc. Ensuite? Prenez en main, autant que possible, votre besoin en fonds de roulement (BFR)

  1. Facturez!

Vous avez l’habitude d’attendre la fin du mois pour envoyer vos factures? Anticipez: facturez aussi rapidement que possible tout ce qui peut l’être. Quand les perspectives sont moroses, mieux vaut accélérer au maximum l’encaissement. Matérialisez vos factures le plus rapidement possible, car, de toute évidence, vos clients risquent de toute façon d’avoir du retard…

  1. Récupérez vos impayés

Dans le même esprit, ne traînez plus pour recouvrer vos factures ouvertes, car nul ne sait de quoi demain sera fait. En période d’incertitude, un “tiens” — de liquidités — vaut mieux que deux “tu l’auras” (jamais). Si vous sentez que cela coince du côté de vos clients, n’hésitez pas à négocier un paiement plus rapide, quitte à devoir faire un effort de votre côté (réduction, escompte)…

  1. Gardez le contact

L’information est clé. Prenez votre téléphone pour appeler vos partenaires stratégiques — clients, fournisseurs, sous-traitants. L’occasion de prendre la température, comprendre leurs propres difficultés et s’efforcer de chercher des solutions ensemble. Cela vous permettra également de savoir si certains engagements (livraisons, approvisionnements, etc.) sont menacés et, le cas échéant, de trouver des alternatives. Et tant que vous avez vos fournisseurs au bout du fil, rien ne vous empêche de discuter d’un allongement de vos propres délais de règlement.

  1. Diminuez vos stocks

Si vous en avez la possibilité, réduisez vos stocks jusqu’à un niveau minimum nécessaire. Suffisamment pour ne pas mettre en danger l’activité, mais pas trop, afin de ne pas immobiliser vos précieuses liquidités. Vous avez l’habitude d’acheter vos matières premières en grande quantité pour faire baisser les prix? Changez votre fusil d’épaule. En période de liquidités tendues, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour conserver vos moyens de paiement: achetez moins, quitte à payer plus cher. Vous réduirez vos marges, mais vous préservez votre trésorerie. Un jeu d’équilibriste…

  1. Épluchez votre carnet de commandes

Annulations et reports ont fleuri ces dernières semaines. C’est le moment d’avoir un regard exhaustif et lucide sur les prochaines semaines et mois. Faites sauter les points d’interrogation tant que faire se peut, afin d’avoir une vision claire sur vos rentrées futures. L’occasion aussi de rappeler ces prospects que vous aviez peut-être délaissés ces derniers temps…

  1. Utilisez vos outils

Dans le même temps, utilisez votre tableau de trésorerie pour disposer de données fiables sur vos flux de trésorerie: encaissements et décaissements. Actualisez régulièrement cet instrument de pilotage pour disposer de projections suffisamment réalistes, en adoptant plutôt un scénario pessimiste. C’est le meilleur moyen de savoir si — ou quand — il faudra sonner l’alerte!

  1. Maîtrisez vos coûts

Ce n’est pas le moment de sortir votre portefeuille: réduisez vos achats au strict minimum pour assurer la continuité de l’activité. Les dépenses doivent être contrôlées et optimisées pour éviter au maximum les décaissements:

  • Vous avez peut-être été forcé de réduire le coût du personnel en mettant certains salariés au chômage temporaire;
  • Limitez certains services externes, non essentiels. Par exemple, en les internalisant grâce aux ressources de l’entreprise;
  • Vos dépenses marketing? Concentrez-vous sur celles qui ont un impact important sur votre core business;
  • Si vous avez dû fermer des points de vente, pensez à renégocier les contrats de bail ou essayez de reporter les paiements. Même approche avec vos différents fournisseurs (gaz, eau, électricité, etc.)
  1. Reportez vos investissements non essentiels

Ce n’est pas le moment de se disperser: restez concentré sur le maintien de vos liquidités. Tout projet d’investissement qui peut être gelé doit l’être. Si vous devez absolument acquérir des biens d’équipement, indispensables pour garder le cap, surtout ne les autofinancez pas. Cherchez des solutions susceptibles de vous éviter de sortir de l’argent (location, crédit, crédit-bail, etc.). Les banques vont ouvrir les robinets du crédit, profitez-en pour préserver votre “trésor de guerre”.

  1. Boostez vos crédits de trésorerie

Face à la situation présente, votre banquier devrait être plus souple pour vous accorder une facilité de caisse ou une ligne de crédit. Ce n’est pas toujours optimal, surtout lorsque vous êtes dos au mur, mais mieux vaut éviter de tomber en panne au milieu du désert. Un mot d’ordre: anticipez! N’oubliez pas que vous avez aussi la possibilité de négocier et rééchelonner vos crédits bancaires en cours.

  1. Vendez vos factures

La banque ne doit pas être votre seule source de financement: que du contraire! Le temps est compté et vous ne pouvez pas vous permettre d’attendre ou être dépendant d’un dossier de demande de crédit. C’est le moment de faire preuve de résilience et de vous orienter vers des solutions rapides, efficaces et sécurisées. En priorité, la vente de factures en ligne, qui contrairement à l’affacturage, vous donne accès à vos liquidités en un temps record… sans devoir y laisser votre scalp!