La planète est l’arrêt. Cette crise sanitaire sans précédent récent fragilise l’ensemble de l’édifice économique, à commencer par les PME. L’heure est grave et il faut agir vite… et bien! Premiers pas? Sautez sur les mesures d’urgence mises en place par le gouvernement fédéral.

Que votre activité soit paralysée, en demi-teinte ou qu’elle tourne au contraire à pleins gaz, vous sentirez passer les effets de la crise. Même si vous tirez (encore) votre épingle du jeu, vos clients pourraient connaître d’importantes difficultés: baisses du chiffre d’affaires et retards de paiements en cascade se profilent à l’horizon. Sans rentrées d’argent, vous subirez la situation (au moins) par ricochet. Et pour cause, selon le bureau d’études Graydon, la moitié des entreprises belges ne disposeraient pas de réserves suffisantes pour sortir indemnes de la pandémie… Ces difficultés ont amené le gouvernement fédéral et les acteurs financiers à prendre des mesures uniques. Le but? Aider les PME à garder la tête — et leur trésorerie — hors de l’eau.

Sollicitez l’aide disponible

Pour freiner une chute, il faut s’accrocher aux branches, faire preuve de sang-froid puis de créativité pour rebondir. Vous n’êtes pas seul, alors pas de défaitisme ni de politique de l’autruche. Premier réflexe? Saisissez les leviers mis à votre disposition pour protéger votre trésorerie: des délais de paiement supplémentaires à certaines primes, tout est bon à prendre. Une fois ces mécanismes activés, n’attendez pas que les secours arrivent: cherchez vos propres solutions pour limiter les dégâts.

Reportez… pour préserver vos liquidités

Compte tenu des problèmes de trésorerie présents et futurs, vous disposez de différents instruments pour repousser vos obligations sociales et fiscales, dont certains sont automatiques. N’hésitez pas à activer ces solutions immédiates, mais gardez à l’esprit que cela peut avoir des conséquences à moyen terme… Non seulement vous devrez y faire face plus tard, mais certains reports peuvent aussi influencer votre feuille fiscale. Prenons vos cotisations sociales, par exemple. Ce sont des charges: si vous ne les payez pas en 2020, vous ne pourrez pas non plus les déduire. Sans oublier la déductibilité de vos produits de pension (EPL, PLCI, etc.). Voilà pourquoi vous avez intérêt à demander conseil à votre comptable afin de trouver le meilleur équilibre pour la survie de votre entreprise.

  1. Cotisations sociales
  • Votre caisse d’assurances sociales est à votre écoute — jusqu’au 15 juin prochain — pour retarder le paiement de vos échéances futures: celle du 1er trimestre 2020 au 31 mars 2021 et celle du second au 30 juin 2021. Ne vous en privez pas, car aucune pénalité ne sera appliquée. Si vous en avez les moyens, rien ne vous empêche de les régler avant la fin de l’année pour pouvoir encore les comptabiliser au titre de charges en 2020;
  • Par contre, si la situation empire, vous pouvez solliciter la réduction, voire la dispense, de vos cotisations. Dans les deux cas, votre demande devra respecter une série de conditions.
  1. Paiements ONSS
  • Pour certains secteurs, la dette ONSS est reportée automatiquement. Vous n’êtes pas visé par cette mesure, mais vous avez dû fermer? Rien ne vous empêche d’en faire la demande. Rendez-vous sur la plateforme de l’administration pour vérifier votre cas.
  1. Impôt personne physique et société
  • Lorsque vous recevez votre avertissement-extrait de rôle, vous avez en général deux mois pour régler vos impôts. Vu les circonstances, vous disposerez de quatre mois pour le faire, si celui-ci est daté du 12 mars (au plus tôt). C’est automatique!
  1. Précompte professionnel
  • Là encore, vous ne devez rien faire pour bénéficier d’un report. Le précompte de votre rémunération de mars ne doit donc être payé “que” pour le 15 juillet.
  1. TVA
  • Même topo pour la TVA: vous disposez d’un délai plus long – jusqu’au 5 juin – pour l’introduction de vos déclarations trimestrielles. Du côté des paiements, ils sont retardée de quelques mois. Cela signifie que vous avez jusqu’au 20 juillet pour vous mettre en ordre, au lieu du 20 avril.

Vous êtes à l’arrêt (ou presque)?

Le droit passerelle — une sorte de “chômage” pour indépendant et gérants d’entreprise — a été assoupli… Le principe? Si vous êtes dans l’incapacité de poursuivre votre activité pendant au moins 7 jours consécutifs, alors vous pouvez bénéficier d’une allocation de remplacement payée par votre mutualité. Que ce soit à cause de la quarantaine forcée ou votre choix de fermer les portes face à l’absence de clientèle. Pour certains secteurs, comme l’horeca, le mécanisme est automatique. Le montant s’élève à 1 614,10 euros (pour une famille) ou 1 291,69 euros (si vous êtes seul).

Comment gérer votre personnel?

Si vous devez réduire la voilure ou êtes à l’arrêt, vous avez la possibilité de mettre vos salariés au chômage temporaire (pour force majeure ou raisons économiques). Une procédure simplifiée a été mise en place par l’ONEM: il vous suffit de déclarer électroniquement les heures visées au cours du mois concerné. Vos salariés toucheront 70% de leur rémunération moyenne plafonnée et, le cas échéant, un supplément journalier.

Et si cela ne suffit pas?

Même si rien n’est encore garanti, ce plan de “sauvetage” pourrait bien être prolongé si la crise devait malheureusement se poursuivre. Toutefois, si vos difficultés s’accentuent dès à présent, n’hésitez pas à contacter, par exemple, le propriétaire de votre espace commercial afin de tenter de trouver un accord à l’amiable concernant le paiement des loyers. Sachez aussi que les différents fournisseurs — eau, gaz, électricité, etc. — sont sensibles à la situation et potentiellement ouverts à l’étalement de vos factures. Enfin, pour vos dettes fiscales (TVA, précompte ou impôts), vous avez toujours accès à des facilités telles qu’un plan d’apurement, l’exonération des intérêts de retard ou encore la remise des amendes.

Financement: à quelle porte frapper?

  1. Contactez votre banque

Le gouvernement a trouvé un accord pour soutenir massivement le secteur financier. Résultat des discussions? D’abord, un régime de garanties sur l’ensemble des nouveaux crédits octroyés par les banques. Ensuite, les institutions financières se sont engagées à accepter le report, sans frais, des remboursements de crédits jusqu’au 30 septembre 2020. Appelez donc votre banquier afin de négocier vos crédits en cours, solliciter un nouveau financement ou encore reporter vos échéances.

  1. Les Régions se mobilisent

Bruxelles, la Wallonie et la Flandre ont toutes débloqué des fonds pour soutenir les entreprises. Des primes exceptionnelles, mais aussi des prêts, des garanties et des moratoires par l’intermédiaire des organismes régionaux de financement.

Cherchez vos propres solutions!

Cet arsenal de mesures est plus que nécessaire, mais de nombreuses incertitudes continuent de planer. Combien de temps faudra-t-il pour bénéficier concrètement de ces aides? Ces mécanismes seront-ils étendus si la crise se prolonge? Aurez-vous accès aux mesures discrétionnaires? Cela revient à introduire un dossier et attendre… en espérant répondre aux critères imposés. Du côté des banques, pourront-elles répondre “seules” aux demandes de crédit en cascade? Rien n’est moins sûr. L’attente risque d’être longue et pénible, alors tournez-vous, en parallèle, vers d’autres sources de financement.

Évitez l’effet boule de neige des impayés

Vous le savez: les retards de paiement risquent d’exploser au cours des prochains mois… Toutes les entreprises vont avoir tendance à freiner leurs règlements, par prudence ou face à des difficultés incompressibles. Que faire dans ce contexte pour récupérer votre dû? L’affacturage est une option, mais la formule s’avère souvent trop complexe et peu réactive. C’est tout le contraire dont vous avez besoin. Si vous n’y avez pas encore songé, pourquoi ne pas vendre vos factures en ligne? Une solution qui vous assure un accès rapide à des liquidités, de forme simple, sécurisée et sans engagement. Ne laissez pas traîner vos factures!