Les néobanques sont-elles faites pour vous?

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La « banque de  papa » subit de plus en plus l’assaut des néobanques : des acteurs digitaux toujours plus performants et adaptés aux besoins des clients, notamment des professionnels. Devez-vous succomber à leurs charmes ?

Nous vivons une époque de rapides évolutions technologiques. Aucun secteur n’y échappe, pas même le monde bancaire. Il est même en constante ébullition avec l’avènement de nouveaux acteurs : des banques digitales qui, à coups de milliards de dollars, contraignent les banques « traditionnelles » à se réinventer pour ne pas rester sur le carreau. Et n’oublions pas l’entrée en lice annoncée des GAFAM et leurs équivalents chinois. Vous l’avez compris : le secteur bancaire fait sa « révolution » sous l’impulsion des nouvelles technologies mais aussi du concours des dernières règlementations européennes. Et vous, en tant que client professionnel, comment vous positionner? L’heure est-elle venue de prendre le train des néobanques en marche ?

Ça bouge… fort !

Si l’on compte moins d’une dizaine de néobanques en Belgique, nos voisins français ont vu fleurir pas moins de 18 pure-players séduisant pas moins de 2,6 millions d’utilisateurs. Sur le marché national, quelques acteurs tiennent la corde, comme l’Allemand N26 et la Britannique Revolut qui affichent respectivement plus 200 % et 60 % de nouveaux clients en 2019. Mais le développement de la Néerlandaise Bunq ou de la Britannique Monese (15 000 clients belges) prouve que le marché est en plein boom. Des acteurs 100 % mobiles, auxquels il faut ajouter les offres digitales des grandes banques traditionnelles. La lutte fait rage. Mais il n’y aura probablement pas de place pour tout le monde et la course aux clients pour atteindre une masse critique est lancée. Une bonne raison de ne pas vous jeter sur la première offre venue…

Attirer les « pros »

Pour se démarquer, certaines néobanques ciblent spécifiquement les professionnels, avec des offres sur mesure. Citons la française Qonto ou la finlandaise Holvi, avec deux offres intégralement dédiées, dont une gratuite. Mais les autres n’ont pas attendu pour aller chercher les PME. N26 se targue de proposer l’ouverture d’un compte en huit minutes et sans frais, alors que Revolut séduit avec un compte courant multidevise et une carte prépayée Visa ou Mastercard (sans crédit) pour 6,99 £ par mois. Monese s’inscrit dans le même créneau avec une offre pro à 9,95 £. Bunq ? Cinq minutes suffisent pour devenir client et profiter d’avantages de poids comme la possibilité de paramétrer l’accès de vos collaborateurs aux comptes et aux cartes. Plus curieux, la néobanque belge Anytime n’est pas encore présente sur le marché national… Surfant sur la vague du digital et des réseaux sociaux, ces acteurs de la fintech ont bien compris l’importance d’offrir des services personnalisés et modulaires aux entrepreneurs.

De véritables compagnons de gestion

Difficile de lister toutes les fonctionnalités disponibles, tant le marché est étoffé. Outre les services « traditionnels », vous aurez accès à une série d’outils destinés à vous accompagner et faciliter votre gestion quotidienne… le tout dans une application.

 En voici quelques exemples;

  • Instruments simplifiés de comptabilité, tableaux de bord et vue sur les flux de trésorerie ;
  • Estimation automatisée des charges, gestion facilitée de la TVA ou des notes de frais ;
  • Création des factures, suivi en temps réel du processus de facturation et des paiements avec des notifications instantanées ;
  • Possibilité d’encaisser en ligne (intégration de services tels qu’Apple pay) ;
  • Intégration informatique à votre logiciel de comptabilité ;
  • Mais encore : comptes multidevises, cartes professionnelles prépayées, cartes de crédit et assurances taillées sur mesure.

Vos comptes dans la poche…

L’accessibilité est le mot d’ordre. Tout se déroule via votre smartphone : de l’ouverture du compte (en quelques minutes) à votre gestion quotidienne. Tant les produits que les interfaces se veulent simples, ergonomiques et dotés des atouts du digital (notifications, interactivité, historiques, portabilité, etc.). Gratuité et rapidité sont les autres arguments mis en avant. Mais n’oublions pas la question des « données ». En effet, tout tourne autour de votre profil et de votre usage : plus votre néobanque en sait sur vous, plus celle-ci tentera de vous séduire avec des offres personnalisées. C’est le revers de la médaille : si la formule de base est souvent gratuite ou peu coûteuse, l’objectif est de vous pousser à souscrire à des services payants annexes, susceptibles de vous intéresser.

Reste que ces nouveaux acteurs doivent encore construire leur capital de confiance sur la durée, notamment en matière de sécurité des données. Et combler certaines lacunes notamment leur offre limitée en termes de solutions d’épargne et de prêt. Les banques « traditionnelles » n’ont donc pas dit leur dernier mot. Votre défi ? Évaluer vos besoins professionnels, comparer (régulièrement) les offres et tester avant de se lancer.