Votre client paiera-t-il votre facture dans les temps ? C’est loin d’être gagné. En Belgique, de nombreuses entreprises « laissent » encore trainer leurs factures : ainsi 30 % d’entre elles sont réglées après échéance. Des délais de paiement qui finissent par peser lourdement sur votre trésorerie. 

Vous livrez votre client et préparez soigneusement votre facture. Vous avez effectué votre part du contrat, mais demeure une question : quand serez-vous payé ? Malgré l’échéance fixée, les semaines s’écoulent, les délais de paiement s’allongent, et, en dépit de vos relances, vous ne voyez toujours pas la couleur de l’argent. Pendant ce temps, vous avez besoin de trésorerie pour poursuivre votre activité et régler vos propres fournisseurs, mais aussi pour faire face à vos obligations ou réaliser des investissements. Même si votre dû finit par rentrer dans vos comptes, de l’eau aura coulé sous les ponts… Un véritable fléau, vécu par la plupart des PME, qui crée d’inévitables tensions sur votre trésorerie.

Trop tard ? 30 % des factures

D’après les données récoltées par le bureau d’informations commerciales Graydon, près de trois factures sur dix sont réglées hors délais, avec des retards plus ou moins longs. Pire que cela, 10 % des créances en souffrance restent à jamais lettre morte. La situation est encore plus grave dans certains secteurs, où la ponctualité fait cruellement défaut. Ainsi, dans celui de la restauration et des débits de boisson, plus d’un quart des factures sont honorées au-delà des 90 jours après échéance. Les PME sont évidemment les plus exposées, mais c’est toute l’économie nationale qui en pâtit : toujours selon Graydon, ces retards de paiement coûtent 10 milliards d’euros par an aux entreprises belges, soit l’équivalent de 20 000 emplois. Dans le même sens, une étude Cribis Dun & Bradstreet, sur les comportements de paiement à l’échelle mondiale, estime que seules 40,6 % des factures nationales sont acquittées dans les 30 jours réglementaires…

Que dit la loi ?

La réglementation est très claire : le délai de paiement légal entre entreprises est de 30 jours calendrier. Le fruit d’une législation entrée en vigueur en 2013, et issue d’une directive européenne, dont le but était précisément de renforcer la lutte contre les retards de paiement. Force de constater qu’on est parfois bien loin des 30 jours. Et pour cause, cette loi prévoit aussi des dérogations. Ainsi les parties peuvent se mettre d’accord sur une échéance plus longue : de maximum 60 jours calendrier. En pratique, cette faculté de négociation peut pencher en faveur des plus « gros » acteurs… Une autre « subtilité » législative ? Dans le cas de contrats « complexes », nécessitant un temps plus long de vérification ou d’acceptation de la facture, les délais de paiement peuvent être décalés. Certes, le contexte est plus favorable qu’en 2013, mais les retards de paiement continuent de miner la santé financière de nombreuses PME.

Prenez les choses en main…

Dans ce contexte, il ne faut pas faire l’autruche. Au contraire, vous disposez de leviers pour agir, à la fois sur vos délais de paiement et sur votre politique de relance des impayés. Des matières qui méritent toute votre attention ainsi qu’une véritable réflexion stratégique…

  • Commencez par indiquer clairement vos conditions sur tous vos documents : contrats, factures, conditions générales de vente, bons de commande, etc.
  • Ensuite ? Abordez la question des délais de paiement dans chacune de vos négociations commerciales. Que ce soit avec un nouveau client, mais aussi avec vos partenaires récurrents : il n’est jamais trop tard pour vous mettre à table pour essayer d’avancer vos rentrées de cash.
  • Du côté de vos fournisseurs ? Même topo, dans le sens inverse : tentez d’allonger les délais.
  • Le dernier, mais non des moindres, une fois vos factures envoyées, suivez cela de très près !

Bien entendu, vous ne serez pas toujours en position d’imposer vos conditions… mais rappelez-vous que vous disposez d’autres outils pour jongler avec vos besoins de trésorerie.